Articles

Affichage des articles du octobre, 2017

Pour une bouchée de pain !

Image
J'ai une tendresse particulière pour le square des Batignolles. Son lac, sa cascade, son décor rocailleux parfaitement kitsch. Ses bancs où j'ai traîné adolescente, ses bosquets aux baisers volés. Peut-être est-ce là que j'ai puisé le goût. Le goût de l'eau, le goût du pain, et celui du perlimpimpin...*
L'eau fraîche qui roule dans le fond de la gorge, comme un torrent sur les lèvres assoiffées. Et puis, de suite après, le pain. La bouchée qui tapisse le palais de sa robe ronde et chaude. C'est merveilleux une bouchée de pain. Cette croûte geôlière qui crisse sous la dent, craquante, caramélisée. Libérant d'un coup la mie parfumée, légère, alvéolée. A l'esprit acéré, légèrement acide, fruit d'un levain chargé de promesses. Un pain source de vie, un corps, mi-dieu, mi-homme : le pain nourricier.

Grand-Mère sait faire du bon café !

Image
On a tous dans le coeur une grand-mère oubliée, aux joues roses et poudrées, à la chevelure argentée... Parce qu'on a tous une grand-mère. On ne l'a pas toujours connue. Ceux qui ont cette chance retiennent une petite larme qui perle au coin de l'oeil -je vous vois ! Les autres se contentent de l'imagerie bon teint qu'on y associe, un bestiaire plus épais que le catalogue des Trois Redoutes de la belle époque. Parce que c'est si bon, si doux, une grand-mère. Cet être merveilleux qui pose son regard bienveillant sur vous, qui pardonne et qui passe tout. Qui réconforte et qui apprend. J'en parle d'autant plus aisément que la mienne m'a élevée. Je n'emploie pas le terme par hasard : elle a fait de moi ce que je suis. Elle ne m'a pas façonnée, non, elle m'a permis l'élévation, m'a ouvert toutes grandes les portes de la curiosité, du goût -le bon goût, celui de la culture et de l'élégance, et même du chic parisien, mais aussi et …

La nostalgie du livre de cuisine

Image
Dans la cuisine familiale il y avait un vieux livre de recettes qui traînait sur un coin de la table. Je revois encore la couverture tâchée, passée, jaunie par le temps, usée aux coins, et son illustration naïve.
Le livre de cuisine Tous les codes du genre étaient là  : cuisine de famille, autoproclamation à présenter la vraie manière d'accommoder les restes, domestique en tablier et charlotte mitonnant un ragoût sur le coin du poêle, sous l'oeil attentif et bienveillant de la maîtresse de maison, et bien sûr, la référence ultime, rassurante dans tout ce qu'elle portait de dimension affective : Tante Marie, qui  nous délivrait là ses secrets. Et c'est bien connu, nous avons tous une tante Marie quelque part, aux joues roses et fanées éclairées d'un bon sourire. S'il contenait peu d'illustrations, tout au plus quelques gravures, cet opus balayait largement tout l'éventail de la cuisine ménagère telle qu'on se devait de la pratiquer dans tous les foyer…